Le projet Biodiversa RESERVEBENEFIT (2017-2021)  avait pour objectif principal de quantifier la distance parcourue par les poissons qui quittent une réserve marine : restent-ils à proximité de la réserve ou parcourent-ils de longues distances (>40km) comme suggéré dans la littérature scientifique (Manel et al. 2019)?

Pour répondre à cette question 4 espèces de poissons et crustacés (le serran, le rouget de roche, le sar commun et la langouste) ont été échantillonnés avec l’aide des pêcheurs dans 7 réserves marines de l’ouest de la Méditerranée.

Pour quantifier la distance parcourue par les poissons et crustacés qui quittent les réserves marines, les individus échantillonnés sont  caractérisés par un grand nombre de variants génétiques (>13 000) afin de mesurer leur connectivité génétique. On parle d’approche génomique. Les poissons ciblés par cette étude sont effectivement peu structurés génétiquement, et l’utilisation d‘une approche génomique permet de bien distinguer des différences entre les individus.  Les distances génétiques ont alors été utilisées pour quantifier la distance parcourue par les poissons et les crustacés (Benestan et al. 2021). Par exemple, la génétique a détecté 2 paires d’individus de serran étroitement apparentés et échantillonnés à plus de 292 km de distance illustrant que le bénéfice des réserves marines ne s’arrêtent pas à leurs frontières. Le projet a également contribué à développer 3 génomes de poissons exploités qui ont été utilisés pour améliorer la qualité des données de variants génétiques (Fietz et al. 2020), et par la suite qui pourraient être utilisés pour rechercher des gènes intéressants par exemple dans la réponse au changement climatique. Les méthodes génomiques peuvent également aider à quantifier d’autres services rendus par les réserves comme le maintien de  la diversité génétique (Marcos et al. 2021). Ce projet a montré l’importance de la génétique pour caractériser les bénéfices apportés par les réserves marines (distance d’exportation, diversité génétiques) et un travail est en cours avec Biodiversa pour finaliser des recommandations pour la planification de nouvelles réserves. 

Le projet RESERVEBENEFIT a été mené par 7 partenaires : Ecole Pratique des Hautes Etudes (EHE), GEOMAR Helmholtz Centre for Ocean Research Kiel (GEOMAR), Instituto Español de Oceanografía (IEO), University of Montpellier, (MARBEC), Stockholm Resilience Centre (SRC), Universidad de Murcia (UM), University of Allicante, MedPAN. Il a été financé par Biodiversa

Plus d’info : stephanie.manel@cefe.cnrs.fr

Publications

Marcos, C., Díaz, D., Fietz, K., Forcada, A., Ford, A., García-Charton, J. A., . . . Pérez-Ruzafa, A. (2021). Reviewing the Ecosystem Services, Societal Goods, and Benefits of Marine Protected Areas. Frontiers in Marine Science, 8(504). doi:10.3389/fmars.2021.613819 

Manel, S., Loiseau, N., Andrello, M., Fietz, K., Goñi, R., Forcada, A., . . . Mouillot, D. (2019). Long-Distance Benefits of Marine Reserves: Myth or Reality? Trends In Ecology & Evolution, 34(4), 342-354. doi:https://doi.org/10.1016/j.tree.2019.01.002

Fietz K, Trofimenko E, Guerin PE, Arnal V, Montserrat T-O, Lobréaux S, Pérez-Ruzafa A, Manel S, Puebla O (2020) New genomic resources for three exploited Mediterranean fishes. Genomics. 112, 4297-4303.  

Benestan L, Fietz K, Loiseau N, Guerin PE, Trofimenko E, Rühs S, Schmidt C, Rath W, Biastoch A, Perez-Rufaza A, Baixauli P, Forcada A, Arcas E, Lenfant P, Goni R, Velez L, Höppner M, Kininmonth S, Mouillot D, Puebla O, Manel S (2021) Restricted dispersal in a sea of gene flow. Proceedings of the Royal Society B 288. 

Website: https://sites.google.com/site/projetfishconnect/reservebenefit