Des représentants d’institutions européennes et méditerranéennes, d’autorités publiques, d’organisations scientifiques et de recherche, de gestionnaires d’aires protégées et de conservation se sont réunis les 4 et 5 décembre 2018 à Bruxelles pour discuter et soutenir une approche méditerranéenne holistique, cruciale au bien-être des populations et de la nature.

« Ecosystems in Danger: Enhancing EU Policy response », tel était le titre de l’audition publique organisée le 5 décembre au Parlement européen par l’Intergroupe SEARICA (Sea, Rivers, Islands and Coastal Areas) et la Communauté Interreg Med pour la protection de la biodiversité. Une action urgente visant à assurer la connectivité des écosystèmes, à réglementer les activités socio-économiques et à recourir à une gestion scientifique au sein des zones d’importance écologique clé souffrant d’activités humaines incontrôlées à l’intérieur et à l’extérieur d’aires protégées a été au centre des débats.

Gesine MEISSNER, membre du Parlement européen et présidente de l’intergroupe SEARICA, a souligné que « nous avons besoin de plus de ressources provenant de la mer, de biotechnologie bleue, d’aquaculture, d’énergie bleue, de transport maritime ; d’un autre côté, nous avons besoin d’Aires Marines Protégées et nous avons un retard pour atteindre le pourcentage adéquat ». Elle a exprimé son soutien à la « Déclaration conjointe sur les approches écosystémiques pour la protection et la gestion de la biodiversité », rejoignant ainsi les autres euro députés ayant modéré la session;  Marco AFFRONTE, Davor ŠKRLEC et Francesc GAMBUS abordant la nécessité d’une approche transfrontalière et de co-gestion pour maintenir les services écosystémiques et le fonctionnement écologique de notre environnement.

L’audition publique a présenté les messages clés des 11 projets Interreg-Med* et des autres collaborateurs de la Communauté pour la Protection de la Biodiversité méditerranéenne, dont les partenaires se sont réunis le 4 décembre lors d’un atelier de collaboration intitulé  » Renforcer les politiques de l’UE avec des approches basées sur les écosystèmes «  pour coordonner les efforts et contribuer à un dialogue ouvert actif avec les institutions politiques en Méditerranée. Un certain nombre de membres/partenaires du réseau MedPAN ont participé à cet atelier, dont Laurent Sourbès, vice-président de MedPAN et directeur du parc national marin de Zakynthos en Grèce, qui a animé une table ronde intitulée : Cibler une utilisation plus durable des ressources naturelles – vers une économie bleue.
* ACT4LITTER, AMAre, ConFish, ECOSUSTAIN, FishMPABlue2, MEDSEALITTER, MPA-ADAPT, PHAROS4MPAS, PLASTICBUSTERSMPAs, POSBEMED and WETNET

Les conclusions du débat animé entre la DG Environnement de l’UE, la DG Recherche, la DG MARE, le PAM de l’ONU Environnement et ses centres d’activités régionales, et les principales institutions de recherche environnementale, l’évaluation et les mécanismes de gouvernance pour la protection de la biodiversité ont été résumées par Dania Abdul Malak, coordinatrice du projet PANACeA, et l’ETC-UMA qui appelle à adopter cette déclaration comme feuille de route commune pour deux types de processus envisagés en Méditerranée : l’application d’une gestion appropriée des aires protégées par la conception de réseaux et la gestion des meilleures pratiques, et l’utilisation d’une approche écosystémique pour traiter la sensibilité écologique et les impacts transfrontaliers en dehors des aires protégées.

Les écosystèmes méditerranéens se dégradent et de nouvelles approches de gestion de ces systèmes indispensables sont nécessaires de toute urgence pour enrayer l’effondrement, réduire le déclin de leur état et permettre leur rétablissement et résilience. Comme l’a déclaré Ameer Abdulla, de la WCPA de l’UICN  » La biodiversité et les ressources naturelles doivent maintenant être mieux gérées à l’intérieur et au-delà des limites des aires protégées et au-delà des frontières nationales. La planification de l’espace maritime, ainsi que la gestion intégrée des zones humides et la gestion intégrée des zones côtières sont des outils essentiels pour mieux gérer la biodiversité et l’usage humain dans une approche écosystémique ».

La déclaration souligne la nécessité d’une vision à long terme pour le développement d’outils de suivi, de méthodologies harmonisées, de protocoles et d’une base de connaissances pour une mise en œuvre réussie des directives de l’UE et des processus méditerranéens sur l’environnement tels que la directive-cadre Stratégie pour le Milieu Marin et le processus EcAp, qui ne disposent pas encore d’outils de suivi pour leurs phases finales de mise en œuvre.

Reconnaissant une vision commune dans cette déclaration conjointe, les réunions de Bruxelles ont favorisé une meilleure prise de conscience de la part des décideurs politiques, des scientifiques, des gestionnaires d’aires protégées et des acteurs environnementaux européens et méditerranéens qu’il est nécessaire de s’engager davantage dans une collaboration approfondie et à long terme. Les participants ont reconnu qu’un dialogue basé sur les écosystèmes entre la science, la politique et la gestion impliquant des schémas socio-économiques et de co-responsabilité était une condition préalable à de meilleurs processus décisionnels qui garantissent la viabilité à long terme des écosystèmes et des ressources naturelles et de sociétés méditerranéennes qui en dépendent.

Adapté du communiqué de presse de PANACeA