MedPAN, en collaboration avec le Parc naturel marin du golfe du Lion et la Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls a organisé une visite d’échange sur le thème des zones de non prélèvement dans les Aires Marines Protégées de Méditerranée. Cette visite de 3 jours s’est déroulée à l’Observatoire de Banyuls-sur-mer Océanologique du 24 au 26 avril 2019.

Une quarantaine de participants de 11 pays méditerranéens (Albanie, Algérie, Espagne, France, Israël, Liban, Libye, Monaco, Royaume-Uni, Slovénie, Tunisie, Turquie)  sont venus pour ces 3 jours d’échange. Des gestionnaires d’AMP étaient présents, mais aussi des scientifiques et des bailleurs de fonds.

2019 exchange visit no-take zones

La Réserve naturelle de Cerbère-Banyuls a été choisie pour accueillir cette visite d’échange en raison de l’efficacité de la gestion de sa zone de protection renforcée. Après 40 ans de sanctuarisation et de gestion active, cette zone abrite aujourd’hui une biodiversité remarquable qui enrichit également les zones avoisinantes et dont les retombées économiques rayonnent sur le territoire tout entier.

« La Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls est l’une des plus anciennes de Méditerranée. Les efforts de protection mis en œuvre par le Département des Pyrénées-Orientales, son gestionnaire, ont porté leurs fruits. Par exemple, les populations de mérous sont ainsi passées d’une dizaine d’individus en 1980 à 608 mérous comptabilisés en 2017» a déclaré Mr Frédéric Cadène, Conservateur de la réserve. Il ajoute : « Tout comme le Parc naturel marin du golfe du Lion, nous sommes également un membre actif du réseau MedPAN depuis de nombreuses années. Mettre en place des mesures de gestion adaptée pour que les Aires Marines Protégées soient efficaces est une question centrale. »

Ces zones de protection renforcées sont clé pour les autres Aires Marines Protégées également. Le parc naturel marin du golfe du Lion réfléchit d’ailleurs actuellement, en concertation avec les parties prenantes, à l’établissement de telles zones.

« Le Parc naturel marin du golfe du Lion, avec son conseil de gestion, débute une démarche de création de zones de protections renforcées au sein de son territoire. Celle-ci se fera en concertation avec l’ensemble des acteurs du territoire afin que la protection du milieu marin soit renforcée et que les activités – comme la pêche, la plongée sous-marine ou encore la plaisance – puissent se développer durablement. Cet objectif figure dans le plan de gestion et sa mise en œuvre a débuté en décembre 2018 par un séminaire scientifique qui visait à dresser un état des lieux des connaissances sur le Parc. » a déclaré Mr Hervé Magnin, Directeur du Parc naturel marin du golfe du Lion.

Les échanges ont été structurés autour du processus de mise en place de zones de protection renforcées. Ils ont été enrichis par le partage de cas d’étude dans chaque pays représenté. Voici les présentations qui ont été faites lors des 2,5 journées d’échange :

Introduction MedPAN
Introduction Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls,
Introduction Parc naturel marin du golfe du Lion,
Introduction Joachim Claudet – Classification des AMP basée sur la règlementation

  1. Identification et évaluation,
    1. Cap de Creus natural park,
    1. Mediterranean Conservation Society,
    1. Strunjan Landscape Park
  2. planification de la gestion,
    1. Columbretes Marine Reserve
  3. désignation,
    1. Regional Albanian Park Authority,
    1. Taza national Park
  4. application de la réglementation,
    1. Israeli National Park Authority
    1. Plateforme Maghrebine de la pêche artisanale
  5. suivi et efficacité de la gestion
    1. Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls,
    1. Monitoring Antonio Di Franco,

Comme souligné lors de la rencontre, des zones de non-prélèvement conçues dans une approche concertée, suivies et contrôlées, et considérant les différents usages dans un souci de cohérence avec la réglementation et le plan de zonage global de l’AMP, constituent un outil de gestion efficace pour la conservation de la biodiversité et le rétablissement des stocks de poissons.

En Méditerranée aujourd’hui, sur 7,14% de surface couverte par des AMP ou d’autres mesures spatiales de gestion, seuls 0,04%* sont des zones de protection fortes où la pêche, l’accès ou les prélèvements sont interdits. Et ces 0,04% ne sont pas tous gérés de façon efficace.

En 2016, la communauté des AMP méditerranéennes s’est engagée dans la déclaration de Tanger[ à porter le pourcentage des zones de protection forte à 2% et à ce que toutes ces zones soient bien gérées de façon à apporter les résultats attendus.

Le réseau MedPAN est fortement engagé dans le soutien aux AMP et aux communautés locales de pêcheurs qui souhaitent créer ou étendre des zones de protection forte efficaces et bien gérées. Suite aux échanges qui se sont déroulés à Banyuls, MedPAN partagera prochainement une stratégie étayée par des recommandations pratiques, ainsi que les outils de communication et de plaidoyer que MedPAN développera et de mettra à la disposition des gestionnaires d’AMP pour les appuyer dans ce processus.

Lire également l’article « Coup de projecteur sur les zones de protection fortes dans les Aires Marines Protégées ».

*MAPAMED, the database on Sites of interest for the conservation of marine environment in the Mediterranean Sea. MedPAN, UNEP/MAP/SPA-RAC. November 2017 release.