MedPAN, a créé un groupe de travail sur les tortues marines (MPATWG) pour les AMP de Méditerranée qui réunit des gestionnaires d’AMP, des ONG et des chercheurs travaillant sur la conservation des tortues marines de 10 pays méditerranéens.

Le groupe de travail sur les tortues marines permet aux échanges d’aborder des problèmes spécifiques à un site et permet un échange d’informations en temps réel et, par conséquent, la possibilité de prendre des décisions de gestion adaptatives au niveau local de l’AMP. Au niveau du réseau, ce groupe soutient également une stratégie de gestion intégrée pour ces espèces.

Le MPATWG travaille actuellement sur l’élaboration d’ un cadre de coopération pour la surveillance des tortues marines, qui comprend une Charte de partage des données. Il vise à consolider la confiance et à établir les règles selon lesquelles les données peuvent être partagées et les problèmes frontaliers surmontés. Un guide est également élaboré pour rassembler les protocoles de suivi des tortues marines à des fins de gestion, y compris la mise en œuvre des principes de gestion adaptative. Le MPATWG explorera également une base de données potentielle pour stocker les données collectées. Pour soutenir cet effort, MedPAN organise régulièrement des visites d’échange sur le terrain pour les AMP, ce qui permet au MPATWG de se rencontrer. Le groupe s’est réuni deux fois:

  • A Zakynthos en mai 2017
  • A Torre Guaceto en juin 2018

L’animation d’un groupe de travail sur les tortues marines au sein du réseau MedPAN peut jouer un rôle clé dans la conservation et la protection intégrée des tortues marines en Méditerranée, grâce à un engagement fort et une coopération à long terme entre les gestionnaires d’AMP, les ONG et les chercheurs qui travaillent avec cet objectif commun.


Les défis

Les tortues marines en Méditerranée reçoivent une attention scientifique croissante depuis 30 ans. Les données recueillies par différentes entités autour du bassin ont permis de mieux comprendre les mouvements des tortues, certaines parties de leur cycle de vie et les habitudes de nidification de deux espèces en particulier: Caretta caretta et Chelonia mydas (tortue verte). La conservation efficace des espèces marines migratrices telles que la tortue caouanne est très compliquée car de nombreuses menaces anthropiques doivent être adressées sur une très grande zone géographique.

La protection globale de ces espèces tout au long de leur vie et de leurs cycles saisonniers est donc difficile car une seule mesure de protection réussie dans une zone donnée ne signifie pas une protection efficace tout au long du cycle de vie (voir Sourbès L. et al., 2011. et 2015 à la 4ème et 5ème Conférence méditerranéenne sur les tortues marines). Les gestionnaires d’AMP méditerranéens peuvent adopter des mesures qui aident à réduire les pressions sur les plages de nidification et parfois dans les eaux autour et en collaborant, sur une zone géographique donnée, ils peuvent être plus efficaces pour réduire les pressions et impacts dans les zones d’accouplement, de migration et d’hivernage. Cependant, pour définir les bonnes mesures de conservation, il est essentiel que les gestionnaires d’AMP aient accès aux données collectées par différentes entités et les analysent à temps, en collaboration avec des scientifiques, afin d’élaborer une stratégie globale de conservation sur la zone géographique susmentionnée. Il est également important que ces données, essentielles dans les décisions de gestion, soient centralisées et facilement accessibles à ceux qui en ont besoin pour la protection des tortues marines et l’action d’adaptation sur le terrain. Un certain nombre de bases de données présentent des données scientifiques sur les tortues marines, mais elles sont souvent sporadiques et loin de tout prendre en compte.