Par WWF Adria

« Nous sommes insatiables et avides, et c’est pourquoi il n’y a presque plus de poisson dans l’Adriatique ».

Sebastijan Raveljić, pêcheur

Ceci n’est que l’un des titres des articles écrits par des journalistes réunis sur l’île croate de Dugi Otok lors d’un voyage de presse au Parc naturel de Telašćica du 3 au 5 octobre 2019.

Douze représentants de médias albanais, croates, grecs, Italiens, Espagnol et Slovène, dont deux chaînes de télévision, ont participé au voyage de presse organisé par le WWF Adria et le WWF Méditerranée dans le cadre du projet FishMPABlue2, afin de comprendre comment nous donnons aux petites pêcheries les moyens de créer des modèles plus durables.

Des décennies d’approche top-down dans la gestion de la pêche n’ont pas réussi à sauvegarder l’écosystème marin méditerranéen et n’ont pas réussi à créer un sentiment général d’appropriation et d’auto-investissement chez les pêcheurs méditerranéens. La pêche artisanale a le potentiel d’avoir beaucoup moins d’impact sur l’environnement marin que la pêche à grande échelle (par exemple le chalutage) et pourrait être plus équitable. C’est pourquoi les journalistes ont passé une journée avec le pêcheur Sebastijan Raveljić sur son bateau. Il a expliqué comment et pourquoi il a décidé de réduire ses activités de pêche pour se consacrer au pescatourisme. Raveljić avait l’habitude de pêcher entre 50 et 100 kilos par jour, en passant toute la nuit sur la mer. Aujourd’hui, il lui suffit d’avoir 2 filets, de ne ramasser pas plus que 10 kilos, et de gagner plus en discutant avec les touristes et en leur préparant des repas avec les produits de sa pêche.

Un autre sujet était la cogestion, une approche dont nous voulons entendre parler davantage lorsqu’il s’agit de la gestion des pêches en Méditerranée. Il souligne le partage de la responsabilité et de l’autorité de gestion entre les administrations publiques et les parties prenantes qui utilisent les ressources.Elle s’efforce de rétablir la santé du milieu marin grâce à des décisions plus équitables et à de meilleurs résultats pour les pêcheurs. Une approche de cogestion nous permet de trouver un terrain d’entente, et elle s’avère plus durable et plus rentable.

WWF Adria travaille activement avec les pêcheurs et l’équipe de l’AMP de Telašćica en vue d’une cogestion. Pour les besoins de ce voyage de presse, un représentant du ministère de l’agriculture, département de la pêche, s’est joint à la réunion pour la toute première fois. Les journalistes ont eu l’occasion de s’entretenir avec de nombreux pêcheurs et avec la direction du parc, afin de comprendre leur volonté de protéger la mer de la surpêche. Le fait est que les pêcheurs et la direction du parc se sont entendus sur la proclamation des zones interdites autour du parc, ce qui crée un précédent en Croatie. Le vice-ministre de la pêche de Croatie, Ante Mišura, s’est également joint à la visite de presse et a expliqué les efforts juridiques qui doivent être entrepris pour que la cogestion devienne une pratique dans toutes les AMP de Croatie.

Le voyage de presse a rencontré un véritable succès avec une vingtaine d’articles publiés dans la presse croate, slovène, albanaise et espagnole.

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