Group photo MBI
Group photo MBI – © M_Dagnino

La 10ème édition de la Monaco Blue Initiative (MBI) s’est tenue lundi 25 mars à l’Institut Océanographique de Monaco sur le thème des Aires Marines Protégées (AMP) sous la présidence de SAS le Prince Albert II de Monaco. L’événement a rassemblé plus de 140 participants représentant des organisations internationales, des gouvernements, des universités, le secteur privé et des ONG. Lancé en 2010 à l’initiative de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, le MBI est une plateforme de discussion co-organisée par l’Institut Océanographique, la Fondation Prince Albert I de Monaco et la Fondation Prince Albert II de Monaco. Ses membres se réunissent chaque année pour discuter des défis actuels et futurs de la gestion et de la conservation des océans. La 10ème réunion a clarifié l’ambition et la méthode nécessaires pour préparer le terrain pour les développements post-2020, et a discuté de l’importance des réseaux écologiques et sociaux pour assurer l’efficacité des AMP ainsi que les liens entre les AMP et l’économie des océans.

Après le discours d’ouverture prononcé par S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, 3 sessions de présentation et de discussion ont eu lieu réunissant des panélistes sélectionnés. Trois sujets ont été abordés :

  • Comment continuer collectivement à développer les AMP tout en assurant leur efficacité,
  • Comment des réseaux cohérents d’AMP contribuent-ils à la protection des espèces ?
  • Quelle est la prochaine étape après l’évaluation des services écosystémiques et comment peut-on les intégrer dans le développement économique bleu ?

L’édition 2019 de l’Initiative Bleue de Monaco a souligné le fait que l’objectif de 10% d’AMP effectives d’ici 2020 ne sera pas atteints car nous avons échoué à plusieurs niveaux et qu’il reste du travail à faire dans des domaines clé.

Une gestion efficace est essentielle. Les parcs de papier ont été comparés à des « fake news », ils discréditent les AMP. Davantage de partenariats doivent être mis en place pour assurer une gestion efficace axés sur la cogestion, le financement et la surveillance. Le rôle des AMP doit également être renforcé en ce qui concerne le changement climatique, en particulier le rôle important qu’elles jouent dans la résilience côtière.

Puri Canals in session 2
Puri Canals in session 2 – © Cedou

La mise en place de réseaux d’AMP écologiquement représentatifs et connectés est essentielle pour prendre en compte le lien entre les eaux côtières et la haute mer, pour conserver les espèces migratrices et pour maximiser l’impact des spillover locaux. Les réseaux de gestionnaires d’AMP et la participation des communautés sont nécessaires pour soutenir le réseau écologique. Puri Canals, présidente de MedPAN, était l’une des panélistes de la session 2. Elle a souligné l’importance d’avoir des réseaux de gestionnaires pour améliorer l’efficacité des AMP, soulignant que les actions doivent être basées sur les connaissances scientifiques et traditionnelles, ainsi que sur les compétences sociales. Elle a présenté MedPAN, un réseau de 19 pays de la Méditerranée qui renforcent les capacités de gestion des AMP.

Les AMP doivent être mieux intégrées dans le paysage marin plus large et dans l’économie bleue. Les AMP sont au cœur de l’aménagement de l’espace marin. Nous n’avons pas besoin de plus d’économie en mer, mais d’une exploitation durable de l’océan dont les populations et les générations futures pourront bénéficier.

Les négociations sur la haute mer sont essentielles. La discussion naissante sur l’inclusion dans ces négociations du concept de bien public commun, car ce nouveau traité de l’ONU concerne l’ensemble de l’humanité.

Enfin, les objectifs pour 2030 ont été discutés, avec 30% des océans sous haute protection, mais aussi 100% des océans géré durablement.

Un rapport détaillé des échanges peut être téléchargé ici. http://enb.iisd.org/download/pdf/sd/enbplus186num16e.pdf

La Monaco Ocean Week a fait suite à la Monaco Blue Initative.